Présentant Jésus, l'évangéliste Jean dit : Au commencement était la Parole : Jean 1,1. La Parole est ce qui caractérise pour Jean l'identité de Jésus. Non seulement les paroles de Jésus étaient les paroles de Dieu, mais ceux qui l'ont entendu l'ont dit : "Jamais personne n'a parlé comme cet homme ! : Jean 7,46. " Lorsque les foules écoutaient l'enseignement de Jésus, elles étaient frappés par l'autorité qui se dégageait de lui : Matthieu 7,28. La parole était le vecteur par lequel le message et la puissance de Jésus se révélaient aux hommes.
Au vu de l'importance de ce vecteur, il n'est pas surprenant que ce soit aussi ce moyen que la bête utilisera pour impressionner le monde. La biographie de John Toland sur Hitler commence par un premier chapitre intitulé : Au commencement était le Verbe. Tous les dictateurs savent le pouvoir qu'a une parole d'autorité sur la foule. C'est pourquoi la parole sera la caractéristique première de l'exercice du pouvoir de la bête. La bouche de la bête pourtant, quelque puissance qu'elle possède, ne lui appartient pas. Jean dit à son sujet qu'elle lui a été donnée. Aucun don, aucune capacité, que ce soit chez les justes comme chez les méchants, ne viennent d'eux. Ils proviennent tous de Celui qui les crée et les donne à qui Il veut.
A cause de son éloquence exceptionnelle, on a donné à Jean Chrysostome, un père de l'Eglise, le surnom de "bouche d'or". Oui ! Pour qui sert Dieu, le don de l'éloquence et de la prédication a valeur du métal le plus précieux. De l'abondance du coeur, a dit Jésus, la bouche parle : Matthieu 12,34. Aussi n'est-il pas étonnant, au vu de ce qui habite le coeur de la bête, de n'entendre sortir de sa bouche que blasphèmes, paroles arrogantes et vilenies de toutes sortes. Mis à part l'insulte et l'outrage envers Dieu, la bête ne sera capable d'aucune parole empreinte de noblesse et d'édification. La bête est la personnification de la bassesse, de l'orgueil à son niveau le plus élevé, de la brutalité et de la colère due à la frustration. Ces cibles témoignent toutes de son impuissance. Elle en veut à Dieu qu'elle ne peut détrôner et à ceux qui sont dans son tabernacle, les vainqueurs en Christ, qu'elle ne peut toucher.
Notons cependant que les jours de son pouvoir et de son arrogance sont comptés : 42 mois, pas une seconde de plus. Ensuite, qu'elle le veuille ou pas, la bête devra fermer sa grande gueule.
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